Une refonte de site web d’entreprise est souvent motivée par un site devenu obsolète ou plus en ligne avec l’évolution de l’entreprise. Cette refonte sera également l’occasion d’aligner le site sur des nouveaux objectifs commerciaux de l’entreprise, de moderniser son design, d’améliorer l’expérience utilisateur et de repartir sur des bases techniques plus solides et plus modernes. Mais, elle comporte aussi un risque majeur : perdre une partie de son référencement naturel (SEO) au moment de la migration.
La bonne nouvelle ? Une perte de référencement n’est pas une fatalité. Avec une préparation SEO rigoureuse et un suivi après la mise en ligne, il est possible de sécuriser la migration et de préserver l’essentiel du trafic organique.
Voici les étapes clés à intégrer à votre projet de refonte.
Pourquoi une refonte peut-elle faire perdre du référencement naturel ?
Au fil des années, un site accumule un historique SEO : pages positionnées, backlinks, contenus indexés, popularité des URLs, maillage interne…
Lors d’une refonte, cet historique peut être fragilisé si certains éléments changent sans être correctement anticipés. C’est notamment le cas des URLs.
Il est en effet fréquent et nécessaire de changer les URLs des pages ou de supprimer d’anciennes pages lors d’une migration. Pour un internaute, le changement peut sembler anodin. Pour Google, une nouvelle URL signifie simplement une nouvelle page et il ne fera pas le lien automatiquement avec tous les acquis SEO de la page de votre ancien site. Si l’ancienne page disparaît sans en avoir informé Google (avec une redirection 301), les signaux SEO associés à cette URL seront perdus. De mêmes, les internautes qui utilisent l’ancien lien arriveront sur une page « erreur 404 », et les backlinks (les sites internet qui pointent vers votre site), si importants pour le SEO, seront perdus.
Les principaux risques d’une migration pour le SEO sont donc :
- la disparition de pages bien positionnées,
- la modification non maîtrisée des URLs,
- l’absence ou la mauvaise configuration des redirections 301 ,
- la perte de backlinks,
- la dégradation du maillage interne,
- la désindexation involontaire de pages,
- des problèmes de performance ou d’accessibilité au site,
- la modification de contenus qui génèrent actuellement du trafic.
Une refonte réussie ne consiste donc pas uniquement à mettre en ligne un nouveau design : elle doit préserver la valeur SEO acquise par l’ancien site.
Faire un audit SEO avant la refonte
La première étape consiste à établir un état des lieux du site existant.
Avant de modifier quoi que ce soit, il faut identifier les pages les plus efficaces en termes de visibilité. Pour ce faire, l’analyse doit porter sur :
- les pages générant du trafic SEO,
- les mots-clés positionnés,
- les pages recevant des backlinks,
- les URLs indexées par Google,
- les pages les plus consultées,
- le maillage interne.
Les données de Google Search Console et de Google Analytics peuvent notamment servir de base à cet état des lieux. D’autres outils permettent de travailler plus vite, plus en détails avec des données complémentaires (AhRefs, SemRush…).
Cartographier les anciennes et les nouvelles URLs
Il y a fort à parier que l’arborescence du nouveau site web évolue sérieusement. C’est pourquoi il faut réaliser un mapping des URLs avant la migration.
Ce point peut facilement être traité en créant un tableau avec 2 colonnes : une colonne pour lister toutes les url existantes, une colonne pour renseigner la nouvelle url correspondante.
Soit l’url existante est réutilisée sur le nouveau site, dans ce cas la seconde colonne sera vide. Soit l’url existante n’est plus utilisée sur le nouveau site web (ce contenu n’existe plus, l’url n’est plus adaptée), alors la seconde colonne contiendra la nouvelle url, ce qui permettra de mettre en place la redirection 301 associée.
Attention à ne pas rediriger systématiquement toutes les anciennes pages vers la page d’accueil. Une redirection 301 doit idéalement conduire vers une page nouvelle qui correspond au même besoin ou qui dispose d’un contenu équivalent.
Cette cartographie et la création des redirections 301 doivent impérativement être préparées avant la mise en production du nouveau site.
Bien préparer les redirections 301
Lorsqu’une URL change, la redirection 301 permet d’indiquer aux navigateurs et aux moteurs de recherche que la page a été déplacée de manière permanente.
Voici quelques conseils pour bien organiser vos redirections :
- Evitez les chaînes de redirection (ex : URL A redirige vers URL B puis URL B redirige vers URL C, alors que l’URL A doit être redirigée vers C directement).
- Vérifiez manuellement que les redirections fonctionnent (pas toutes, seulement quelques-unes pour vérifier si votre fichier de redirections fonctionne).
- Soyez attentif dans les jours qui suivent la mise en ligne du site à toute alerte sur Google Search Console, Google Analytics ou votre outil de suivi de référencement concernant des erreurs 404, les baisses de trafic et les pertes de backlinks.
Faire le ménage dans ses contenus
- son trafic organique ;
- ses positions sur les moteurs de recherche ;
- ses backlinks ;
- ses conversions éventuelles ;
- ses liens internes ;
- sa complémentarité avec les autres contenus.
Vérifier le maillage interne
Le changement d’arborescence peut également casser une partie du maillage interne.
Une page importante peut se retrouver beaucoup moins accessible depuis les autres pages du site et certains liens peuvent pointer vers des URLs supprimées.
Avec les outils à votre disposition (Search Console, Google Analytics, SEMRush, Ahrefs…), il est important de vérifier après chaque migration :
- les liens internes,
- les liens cassés,
- les pages orphelines,
- la profondeur des pages stratégiques,
- la cohérence des ancres de liens,
- les liens présents dans les menus et le footer.
Vérifier que rien ne bloque l’accès ou l’indexation des pages
Certaines vérifications plus techniques doivent être effectuées lors d’une migration pour être sûr de ne pas freiner le référencement d’un nouveau site.
- Les balises d’indexation : il faut notamment s’assurer que des directives « no index » utilisées sur l’environnement de préproduction ne soit pas accidentellement conservées sur le site définitif (les robots des moteurs de recherche ne pourraient pas alors accéder à tout ou partie du site).
- Le fichier robots.txt : le fichier robots.txt doit être vérifié afin de s’assurer qu’il ne bloque pas involontairement l’exploration de sections importantes (les conséquences sont les mêmes que celles des directives « no index » conservées).
- Le sitemap XML : le nouveau sitemap XML doit contenir les URLs pertinentes du nouveau site et être correctement accessible. Ce fichier permet aux moteurs de recherche d’indexer plus facilement les URLs d’un site web.
- Les balises canoniques (pour indiquer à Google quelle page indexer si plusieurs URLs ont des contenus identiques) : les URLs canoniques doivent être cohérentes avec les nouvelles URLs du site. Il en va de même pour les balises hreflang (pour les sites multilingues).
Surveiller le référencement après la mise en ligne
La migration ne s’arrête pas lorsque le nouveau site est publié.
Les jours et semaines qui suivent sont essentiels pour détecter rapidement les problèmes.
Il faut notamment surveiller :
- le trafic organique,
- les positions,
- les pages indexées,
- les erreurs d’exploration,
- les erreurs 404,
- les redirections,
- les impressions et clics dans Google Search Console,
- les performances techniques.
Une baisse ponctuelle de certains indicateurs peut survenir le temps que les moteurs de recherche explorent et réévaluent le nouveau site. En revanche, une baisse importante ou persistante doit conduire à rechercher rapidement sa cause.
Vous envisagez une refonte de votre site ? Notre agence web en Alsace peut vous accompagner dans la conception du nouveau site tout en intégrant les enjeux SEO à chaque étape du projet : architecture, contenus, migration, redirections et suivi post-mise en ligne. N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus